Comment prendre soin de soi ? Comment combler ses besoins affectifs ?

Pour beaucoup, prendre soin de soi signifie de dépenser beaucoup d’énergie, de temps, d’argent (et cela nous occasionne parfois de nombreuses frustrations) à s’occuper de son corps, de sa peau, de son apparence physique… Nous essayons coûte que coûte d’être conforme à des canons de beauté qui ne peuvent pas correspondre à de vrais corps d’adultes puisqu’ils sont les reflets – généralement retouchés – de personnes très jeunes (et parfois qui n’existent pas réellement). Mais nous oublions souvent que s’occuper de soi ne signifie pas uniquement modeler son corps à l’extérieur mais aussi s’intéresser à ce qu’il y a à l’intérieur 😀.

Imaginez que vous dépensiez ne serait-ce que le quart de toutes ces ressources (temps, argent, énergie…) pour apprendre à vous occupez de vous-même, de vos besoins affectifs, de ce que vous mangez, de vos relations… Vous l’avez compris, c’est à un petit voyage en intimité que je vous convie aujourd’hui.

Cet article fait suite à celui-ci qui porte sur les stratégies à adopter pour se protéger lorsqu’on est célibataire (ou mal accompagné.e).

Comment prendre soin de soi ? Comment combler ses besoins affectifs ?
Photo by Evie S. on Unsplash

Apprendre à être seul.e

Pour vivre heureux et heureuse, il est essentiel d’apprendre à apprécier la vie en dehors de son entourage social habituel. Pourquoi ? Parce que nous avons toutes et tous des moments dans la vie où nous nous retrouvons isolé.es et ce, quelles que soient les raisons de cette mise à l’écart. S’habituer à conduire sa vie et l’ensemble de ses activités en solo est un véritable acte de courage qui a un véritable potentiel libérateur. Non seulement, vous ne serez plus dans l’obligation de toujours trouver un ou une autre pour vous accompagner mais en plus, cela vous permettra de mieux choisir votre environnement relationnel (avouez que parfois, vous vous rapprochez de certaines personnes uniquement pour ne pas être seul.e, c’est moche 😜). Par ailleurs, à force de multiplier les expériences individuelles, vous serez plus en mesure d’identifier les activités qui vous plaisent vraiment (et pas parce qu’elles sont partagées avec unetelle ou untel). Et enfin, cela chassera peu à peu les abîmes de l’ennui qui peuvent vous saisir parfois.

Bien évidemment, il ne s’agit nullement de vous retrancher dans une solitude brutale et d’arrêter de voir vos ami.es et votre famille. Si vous êtes joueur ou joueuse, c’est le moment de retrousser vos manches et de tenter des mini-défis dans votre quotidien, de temps en temps. Vous pourriez commencer par des actions simples puis corser les exercices au fur et à mesure.

Voici une liste d’idées non exhaustive (et sans ordre de difficulté) :

  • aller boire un café (ou ce que vous voulez) en terrasse
  • se faire une toile en solo
  • visiter un musée
  • aller au restaurant (un midi en vous installant sur un mange-debout, pour commencer)
  • faire une balade à pied ou à vélo (n’oublier pas de prendre un bon bouquin et/ou votre appareil photo)
  • partir en week-end
  • aller à un concert, à une lecture, voir une pièce
  • s’inscrire à un atelier de cuisine, à des cours de peinture, de yoga… (il y aura d’autres personnes évidemment mais le jeu consiste à vous y inscrire seul.e, sans personne de votre connaissance)
  • voyager en solo
  • assister à une conférence sur un sujet qui vous intéresse

Prenez l’habitude de rencontrer de nouvelles personnes, de vous faire de nouveaux ami.es en dehors de votre cercle habituel sans avoir besoin de l’intermédiaire de l’une de vos connaissances. Ce faisant, vous développerez mine de rien votre autonomie affective.

Comment prendre soin de soi sur le plan affectif ?

Que vous ayez ou pas réussi à apprécier la solitude, l’axe le plus important à développer est l‘autonomie affective. Tant que vous ferez preuve de dépendance, vous ne serez jamais en mesure de prendre soin de vous de la bonne façon et donc de choisir l’entourage relationnel qui vous convient.

Les mécanismes de la dépendance affective

En effet, lorsqu’on est dépendant affectif, nous avons une forte tendance à choisir des gens qui appuient là où ça fait mal. Bien entendu, ce n’est pas forcément volontaire de leur part. Parfois, ce sont juste des personnes dont les habitudes de langage par exemple ou encore les attitudes nous blessent. Parfois, ce sont de véritables personnalités perverses qui décident consciemment de nous faire du mal pour servir leurs propres desseins.

Il vous est peut-être déjà arrivé de penser que vous attirez toujours le même style de conjoint ou d’ami.es. C’est sans doute un peu vrai. Les relations sociales sont ainsi faites. Bizarrement, tant qu’on n’a pas eu l’opportunité de développer notre maturité affective, nous sommes amenés à accepter encore et encore des violations de notre intégrité émotionnelle et affective et à nourrir des relations qui n’en sont pas.

Telle amie abuse toujours un peu de votre capacité d’écoute en vous racontant sa vie dans les moindres détails sans vous demander évidemment des nouvelles de la vôtre ou alors si, mais zut, finalement elle doit filer pour aller chercher son fils à l’école. Tel collègue vous demande systématiquement de l’aider pour faire son travail : le pauvre, il ne comprend toujours pas comment fonctionne le vidéoprojecteur. Cela fait des années que vous « prêtez » régulièrement de l’argent à votre frère qui va vous le rendre le mois prochain, c’est promis sauf que les mois passent et que les dettes s’accumulent…

Ce sont vos ami.es, votre famille et vous les aimez parce qu’ils et elles ont d’autres qualités (ah oui, lesquelles précisément ?).

les mécanismes de la dépendance affective
Photo by Neil Thomas on Unsplash

Ne vous accrochez-vous pas à certaines relations uniquement parce qu’elles sont anciennes ? Avez-vous l’assurance que ces personnes feraient la même chose pour vous ?

Comment le savoir ?

C’est très simple : renversez la situation et agissez comme un miroir.

Tenez la jambe de votre copine pendant une heure ou deux et racontez-lui tout ce qui vous est arrivé ces dix derniers jours. Faites des demandes d’assistance répétées à votre collègue. Et essayez donc d’emprunter quelques dizaines d’euros à votre frère sans les lui rendre…

Pas facile, hein ? Si vous le faites, vous prenez le risque de vous apercevoir que ces gens ne vous méritent pas. Vous prenez le risque de vous rendre compte que ces personnes que vous aimez ne vous aiment pas autant que ça. Et ça, ça fait très très mal à notre estime de nous-même. Vous prenez finalement le risque de la désillusion et de vous sentir très seul.e. Et c’est sans doute pour cette raison que la plupart des personnes dépendantes affectives ne font jamais cette démarche et se retrouvent immanquablement empêtrées dans des relations qui ne les nourrissent pas et qui au contraire, les appauvrissent et les rendent de plus en plus dépendantes.

C’est un vrai cercle vicieux !

On a peur d’être seul.e alors on s’entoure avec les premières personnes venues (même si leur personnalité ne nous convient pas). On entretient ces relations de peur d’être seul.e et ce faisant, on éloigne mécaniquement celles qui pourraient nous convenir. En effet, développer une relation de qualité avec quelqu’un prend du temps et de l’énergie, ressources que nous n’avons pas puisqu’elles sont utilisées au profit des personnes qui abusent (volontairement ou non) de nous. La boucle est bouclée !

Comment sortir de ce mécanisme ?

D’abord, il est très important d’intégrer l’idée forte que tous les gens sont remplaçables et que ce n’est pas parce que ceux que vous aviez choisis ne tiennent finalement pas tant que ça à vous que vous n’êtes pas une personne aimable. Bien au contraire ! Vous êtes aimable, c’est-à-dire digne d’être aimé.e uniquement parce que vous êtes un être humain pas parce que vous faites ci ou ça pour les autres. Vous ne devriez jamais vous placer dans la position de gagner l’amour de quelqu’un par quelque moyen que ce soit.

Si une personne n’aime pas qui vous êtes (et c’est son droit le plus strict), tant pis pour elle ! N’essayez pas de vous faire aimer coûte que coûte parce que c’est de cette manière qu’on rentre dans le cercle vicieux que j’évoquais plus haut.

Dans le cercle intime de chaque personne, les places sont limitées. Autant il est possible de cumuler des dizaines de potes, voire même des centaines de connaissances (en particulier sur les réseaux asociaux 😂), le nombre d’ami.es proches (dans lequel se retrouvent parfois des membres de notre famille) est très restreint : moins d’une dizaine de personnes et parfois encore moins que ça.

De ce fait, lorsque vous vous débarrassez des « parasites » qui profitent de vous sans réciprocité, vous accomplissez un acte héroïque envers vous-même et vous faites preuve d’une grande force mentale.

C’est un processus long et parfois difficile parce qu’il nécessite de sortir de votre zone de confort tout en restant en sécurité afin de protéger votre confiance en vous. Il pourrait donc être utile de vous faire accompagner par quelqu’un dont c’est le métier (et ça tombe bien parce que c’est le mien 😉).

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Prendre soin de soi, c’est aussi apprendre à s’aimer

Il va donc falloir relever vos manches et commencer à vous aimer de toutes vos forces. Je ne parle pas évidemment de penser que vous êtes plus ou mieux qu’autrui mais bien de vous aimer vous, tel.le que vous êtes, ici et maintenant, comme pourrait le faire votre meilleur.e ami.e. Il s’agit de vous autoriser cet acte d’amour. Si cela vous gêne, personne ne vous oblige à le dire aux autres…

Partez dès aujourd’hui à la découverte de votre être, de cette personne que vous ne connaissez peut-être pas très bien (ce qui est logique si vous avez passé votre temps jusqu’à maintenant à vous soucier du bien-être des autres et pas du vôtre).

Cultivez-vous, renouez avec vos désirs, avec ce qui vous fait vraiment vibrer. Rencontrez-vous enfin en dehors du regard des autres. Je suis quasiment certaine que vous allez avoir quelques surprises…

Vous allez peut-être cesser de vous obliger à aller tous les dimanches soutenir votre conjoint dans son activité sportive (après tout, lui ne vient jamais à votre cours de chant, non ?). Vous allez peut-être vous apercevoir que faire la cuisine deux fois par jour pour toute la famille n’est pas quelque chose que vous aimez réellement. Au contraire, peut-être vous découvrirez-vous une passion pour l’équitation ou les musées, la musique baroque ou le vélo de descente. Qu’importe ! Ce sera vous face à vos désirs et à vos plaisirs.

Et finalement, peu à peu, vous apprendrez à accepter la personne que vous êtes vraiment et pas un idéal de vous qui n’existe pas. Il se peut que sur ce chemin, vous perdiez encore des « ami.es ». C’est bon signe. Cela signifie que vous ne les autorisez plus à vous parler mal, à profiter de votre temps et de votre énergie.

Et jour après jour, vous allez développer votre autonomie…

Développer son autonomie pour combler ses besoins

Si vous voulez apprendre à prendre soin de vous-même, plusieurs axes qui se complètent et se renforcent assez naturellement, méritent votre attention.

L’autonomie financière et matérielle

Quel est l’état de vos finances ? Qui gère ces aspects si vous êtes en couple ?

Cela peut vous paraître totalement hors de propos dans un article qui porte sur les besoins affectifs mais en fait, l’argent est un pivot important de notre stabilité émotionnelle. En avoir assez ou pas, ou plutôt penser qu’on en a assez ou pas est un facteur d’insécurité ou au contraire de sécurité. Si votre « sécurité » matérielle est assurée par quelqu’un d’autre que vous, vous n’êtes pas en sécurité.

Personne ne sait ce qui va se passer dans les mois ou années à venir. Et même au sein des couples et des familles qui semblent solides et stables, il peut survenir des événements qui remettront tout en question. Si vous êtes adulte, vous devez absolument être autonome financièrement. Et si ce n’est pas le cas actuellement, commencez dès aujourd’hui (pas demain ou le mois prochain) : informez-vous, apprenez sur l’argent et développez cette compétence. On ne sait jamais, vous y prendrez peut-être goût.

L’autonomie financière est un axe qui m’a beaucoup intéressée par le passé. J’ai donc écrit un guide pratique bourré d’exercices en me mettant à la place d’une personne qui ne sait pas comment faire ni par où commencer. Ce livre vous permet de développer votre autonomie financière, un pas après l’autre, sans vous précipiter et en vous posant les bonnes questions.

Développer ses compétences

Pourquoi développer ses compétences est important quand on veut être plus autonome affectivement ?

Parce qu’ainsi, on ne dépend pas d’un.e ami.e ou d’un.e conjoint.e pour les actes de la vie courante mais aussi pour son indépendance matérielle (voir ci-dessus). De ce fait, les relations sociales que nous tricotons sont plus sincères parce qu’elles ne sont plus dictées par la nécessité. Cela ne veut pas dire que nous devrions être totalement indépendants les uns des autres (ce n’est ni possible ni souhaitable). Mais plutôt que nous devrions nous épanouir au sein d’un réseau équilibré où chaque personne donne et reçoit dans un élan de solidarité choisie (et pas contrainte).

Quels que soient vos envies ou vos besoins en compétences, vous trouverez des tas de cours, de vidéos, de livres qui vous permettront de pallier certaines faiblesses ou carrément d’apprendre quelque chose de A à Z. Et avec votre compte personnel de formation (tous les gens qui ont déjà travaillé en ont un !), vous pourriez même financer votre évolution. Et si toutefois vous n’avez jamais travaillé parce que vous êtes trop jeune ou que vous avez fait le choix de rester à la maison pour élever vos enfants, il existe des dispositifs spécifiques pour vous. Renseignez-vous dans un centre social, votre mairie ou sur internet.

Parmi l’infinité des choses que nous pouvons apprendre, certaines peuvent s’avérer très utiles (surtout mais pas seulement) quand on est célibataire :

  • savoir se débrouiller avec son stress
  • avoir des notions de gestion financière
  • discipliner son emploi du temps
  • s’exprimer dans d’autres langues
  • maîtriser des savoirs de base comme la couture, la maçonnerie, l’électricité, le bricolage en général
  • avoir quelques notions d’informatique
  • pouvoir cuisiner autre chose que des pâtes
  • développer une ou plusieurs compétences artistiques
  • être en mesure de décrypter les tentatives de manipulation affective

Conclusion

Le chemin peut être long et semé d’embûches mais il doit être emprunté parce qu’il vous libérera à tout jamais de la dépendance. En tant qu’adulte, vous êtes une personne à part entière qui n’a pas à trouver sa moitié pour se sentir complète. Pourquoi ? Parce que vous êtes déjà un être entier et comme tel, vous devriez savoir comment combler vos propres besoins sans attendre des autres qu’ils le fassent. Vos relations sociales, débarrassées de toute contrainte d’ordre financier ou affectif, seront plus sincères et authentiques parce que vous les choisirez en toute connaissance de cause.

L’amitié et l’amour véritables sont des sentiments que chacun.e d’entre nous mérite d’éprouver.

coach de vie

Merci de m’avoir lue jusqu’au bout ! J’espère que cet article vous a plu. N’hésitez pas à m’écrire dans la section « commentaires » vos réflexions sur ce sujet.

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