Comment atteindre vos objectifs personnels en conservant votre motivation ?

Définir ses objectifs personnels est la première étape pour avoir une chance de les atteindre. Ce conseil paraît évident mais je croise pourtant souvent des personnes qui se plaignent de leur vie actuelle mais qui n’ont pas pris le temps de définir précisément ce qu’il veulent vraiment.

Comment atteindre vos objectifs personnels en conservant votre motivation ?
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Objectifs personnels

Avant de pouvoir définir des objectifs, il convient de dresser un état des lieux sans concession de toutes les sphères de sa vie. Cette étape prend du temps. Vous pouvez aussi cette newsletter si cette thématique vous intéresse.

Les objectifs de vie peuvent s’exprimer selon deux dimensions différentes : ils peuvent être quantitatifs (le nombre de pièces d’une maison, le nombre de zéros sur un chèque…) ou qualitatifs (les sensations qu’on veut ressentir, le genre de carrière qu’on aimerait poursuive). Et je lis un peu partout que s’ils ne sont pas SMART (specific, measurable, achievable, relevant and time-bound), ils ne valent rien ou presque.

J’aimerais prendre le contre-pied de cette conception qui me semble très étriquée et bien trop froide pour embrasser la notion d’objectifs de vie. Vous serez d’accord avec moi que par exemple, l’objectif « fonder une famille » ne se laisse pas franchement emprisonner dans ce genre de système, tout smart (intelligent, malin) qu’il soit. Essayons toutefois et mesurons l’inadéquation de ce modèle avec la vie, la vraie, celle que nous vivons toutes et tous.

objectifs SMART
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  • Specific : je veux fonder une famille constituée d’un partenaire stable, de deux enfants (un garçon et une fille) et habiter une maison qui nous appartient à Reims – OK, c’est spécifique
  • Measurable : nombre d’enfants et date de leur conception, durée du mariage (ou de l’union hors mariage), durée et coût du crédit, adresse et surface de la maison… – D’accord, il existe des indicateurs mesurables
  • Achievable : aucun élément irréalisable. D’ailleurs de nombreuses personnes ont réussi à atteindre cet objectif.
  • Relevant : aucun élément non pertinent, cet objectif semble en adéquation avec ceux de mes congénères
  • Time-bound : Ah là, on a un petit problème parce qu’à part l’achat éventuel de la maison qui dépend en partie de moi et en partie de la banque, le reste n’est que très peu sous mon contrôle. Je pourrais très bien ne jamais rencontrer l’âme sœur ou n’enfanter que des garçons.

Absurde, non ? Et pourtant, je suis certaine que parmi vous, il y a des personnes qui ont conçu ce genre de buts (que ce soit de manière consciente ou pas, d’ailleurs). Il n’est donc pas étonnant de ressentir de la frustration ou un sentiment d’inachevé ou d’échec dans ces conditions. Sans compter le point essentiel :

Etes-vous vraiment sûr.e que cet objectif de vie vous rendra heureux ou heureuse ?

Cependant, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain ! Dans le cas de certains projets, un peu de méthode ne fait pas de mal 😁.

Définir des objectifs de vie véritables

On l’a vu avec l’exemple de la famille, la vie ne se programme pas comme un business plan. Et même s’il est plus légitime que tout le monde cherche à s’épanouir, il n’y a pas d’obligation de rentabilité et la notion de profit en est exclue. Alors comment faire pour choisir des objectifs personnels adéquats avec les circonstances qui sont les vôtres ?

  1. D’abord, il faut se connaître un peu, beaucoup, passionnément… pour être capable de déterminer ce qui nous rend heureux.se, fièr.e, reconnaissant.e, ce qui nourrit notre sentiment d’appartenance, qui sert notre besoin de nous sentir utile… Malheureusement à 20 ans, on est assez prompt.e à signer un engagement à rembourser un crédit sur 25 ans ! Se connaître est une étape très importante puisqu’elle nous permet…
  2. …de ne pas accepter d’emblée comme siens les objectifs « tout faits » que la société (les proches, les médias…) nous propose. A titre d’exemple, il y a des femmes (dont je fais partie) qui n’ont jamais désiré avoir d’enfant et d’autres dont l’épanouissement passe obligatoirement par la maternité. Pour certains individus, être propriétaire de son logement est absurde, pour d’autres, c’est indispensable. Les modèles préfabriqués (comme le prêt-à-porter) peuvent gêner aux entournures et les objectifs associés devenir de véritables prisons.
  3. Et enfin, il faut savoir prendre un peu de recul. La vie (je suis désolée de l’écrire ainsi) est très courte et si nous conditionnons notre bien-être à l’atteinte d’objectifs qui ne nous correspondent pas, nous perdons beaucoup de temps. Ce n’est pas à vous que je vais expliquer qu’il arrive parfois qu’on se réveille à 50 ans en s’apercevant que les rôles, les fonctions, les systèmes dans lesquels nous nous sommes embarqué.es nous rendent tristes, revêches ou malades.

Par ailleurs, il ne faut pas hésiter à changer d’objectif en cours de route si on sent que l’on s’est trompé. Dans ce cas, il est important de se garder de considérer ce changement de cap comme un échec. Représentez-vous plutôt ce premier chemin comme un brouillon, une phase d’entraînement. Il sera plus facile ensuite de vous remobiliser pour une nouvelle aventure.

Le « paradoxe » des coûts irrécupérables

Mais puisque nous ne sommes définitivement pas des êtres exclusivement dirigés par notre raison, voici une petite vidéo qui vous expliquera bien mieux que je ne pourrais le faire le paradoxe des « coûts irrécupérables », un biais cognitif bien connu qui nous empêche parfois de changer de voie alors que nous le devrions absolument !

Quelques exemples d’objectifs de vie viables

  • Je veux me sentir bien dans mon corps et dans ma tête
  • Je veux me sentir utile pour mes proches, ma communauté…
  • Je veux avoir l’occasion de découvrir de nouvelles cultures ou manières de voir la vie
  • Je veux aimer et me sentir aimé.e
  • Je veux avoir du temps pour profiter de la nature et être au contact d’animaux
  • Je veux vivre en respectant mes valeurs qui sont : (à vous de compléter)

Comme vous l’avez remarqué, aucun de ses objectifs ne dépend d’autres personnes et surtout, ils peuvent être atteints (expérimentés plutôt) quelle que soit l’évolution de vos conditions de vie.

Comment progresser vers ses objectifs ?

Lorsque vous aurez défini vos objectifs personnels en vous gardant de le faire à la manière des chef.fes d’entreprise, je vous encourage à les imprimer dans la matière d’une manière ou d’une autre. C’est un conseil qui peut vous paraître étrange mais le faire vous aidera à garder vos objectifs vivants dans le temps.

Mais n’oubliez pas que votre vie n’a pas à être rentable et que votre bonheur ne doit pas dépendre de la présence ou de l’absence d’un compte en banque rempli ou d’un.e partenaire de vie.

Pour commencer…

Plusieurs solutions s’offrent à vous. Choisissez-en une ou cumulez-les en fonction de votre humeur ou de vos inclinaisons artistiques :

  • Créez un vision board (tableau de vision) et faites-le évoluer au cours du temps.
  • Imaginez votre journée parfaite, celle que vous aimeriez vivre et écrivez-en le scénario.
  • Achetez ou fabriquez un grigri suffisamment petit pour tenir dans votre sac ou au contraire très imposant que vous placerez bien en évidence chez vous. Personne n’a besoin de savoir que cet objet représente à vos yeux tel ou tel objectif.

Décomposez vos objectifs à long terme !

Ici, le verbe « décomposer » signifie de ne pas essayer de tout faire en même temps (il ne signifie pas de planifier sa vie comme une bataille ou un business, comme nous l’avons évoqué plus haut). C’est vrai qu’on peut manquer de patience mais quand on parle d’objectifs de vie, le terme lui-même est impropre parce que même si l’on vise quelque chose (ou un état), c’est le parcours emprunté qui est important, c’est le fait d’aimer le chemin que l’on s’est choisi. Ce serait complètement absurde de lutter pendant plusieurs dizaines années pour obtenir, par exemple, le corps dont on rêve et de s’apercevoir qu’en fait on a passé la majeure partie de notre vie d’adulte à se priver, à faire des sacrifices et que ce corps que l’on a fantasmé ne nous rend finalement pas plus heureux et heureuse qu’avant.

Il y a une technique que j’apprécie particulièrement, c’est celle des tous petits pas. Elle ne transforme pas votre vie et vos habitudes du jour en lendemain. De cette façon, elle vous permet d’apprécier le voyage parce que vous ne progressez pas dans la souffrance mais dans le plaisir et le respect de votre rythme. Avec cette méthode, les résultats ne seront pas immédiatement observables, c’est sûr, mais ils viendront.

Un entretien diagnostic offert

Et après ?

Et après, mettez-vous en mouvement vers vos objectifs tranquillement avec l’idée que la vie est un chemin qui peut vous emmener vers des situations et des lieux imprévus qui sembleront vous éloigner de vos buts initiaux (ce qui sera parfois une bonne chose et parfois non).

Choisissez les gens qui vous entourent avec sagesse, c’est-à-dire en tenant compte de ce que vous voulez de la vie mais essayez de ne pas non plus vous enfermer vous-même dans des groupes hermétiques. La porosité peut être une très bonne occasion de vous découvrir et de croiser des gens et des situations qui vous feront évoluer, changer d’avis, faire un pas de côté (puis deux).

Un exemple : Vous voulez vivre longtemps et en bonne santé. Pour vous engager sur cette voie, peut-être vaut-il mieux que vos ami.es ne soient pas toutes et tous des piliers de bar, fumeurs de surcroît. Car même si vous prenez systématiquement une menthe à l’eau et que vous ne fumez pas, la pression sociale (même si elle est invisible) vous rendra la tâche bien plus difficile. Il ne s’agit pas de rompre avec vos ami.es mais peut-être d’élargir votre cercle à des personnes qui vivent la vie que vous aimeriez avoir et d’essayer de ne pas passer tous vos week-ends avec les premiers.

Il peut être salutaire d’anticiper les obstacles à venir en les listant mais aussi en commençant à dresser quelques pistes « plans B » au cas où tout ne se déroulerait pas comme vous l’avez imaginé.

Surtout, ménagez-vous des temps de retraite, de réflexion et de pause dans votre quotidien tout au long de votre parcours. Ils peuvent être réguliers ou plus ou moins imposés par les circonstances – la première option étant largement plus confortable. J’ai l’habitude, par exemple, de réserver la semaine comprise entre Noël et le Jour de l’An à cette activité réflexive (encore un article à écrire parce que le sujet est important !).

N’oubliez pas non plus de célébrer vos petites et grandes victoires, vos avancées concrètes ou émotionnelles. Vous n’êtes pas obligé.e de partager vos progrès avec le monde entier ni de sabrer le Champagne – à part si vous en avez envie. Offrez-vous donc un petit cadeau, un voyage, une part de tarte, un tatouage… qui marquera le coup et vous aidera à vous souvenir que vous avancez dans la bonne direction.

Pour conclure

Nous le savons, les objectifs de vie ne sont finalement pas des buts à atteindre grâce auxquels nous serions un jour peut-être plus heureux et heureuses. Parce que la vie c’est maintenant et pas demain ou hier, le bonheur se cultive tous les jours en vivant selon nos propres principes. Il n’y a aucun trésor aux pieds des arcs-en-ciel, le trésor c’est d’être en vie et de faire de notre mieux pour vivre une vie pleine de sens, en essayant de blesser le moins possible les personnes qui nous entourent. Et si nous avons parfois la chance de vivre un très bon moment seul.e ou à plusieurs, le moins qu’on puisse faire, c’est de prendre le temps de le savourer.

Bonne route !

coach de vie

Merci de m’avoir lue jusqu’au bout ! J’espère que cet article vous a plu. N’hésitez pas à m’écrire dans la section « commentaires » vos réflexions sur ce sujet.

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